
Le renforcement des relations entre la Russie et l’Afrique, dans un esprit de confiance, de respect mutuel et d’intérêts partagés, a été au cœur de l’intervention du Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, ce jeudi 29 octobre, à l’occasion de la première séance plénière du troisième Sommet du Forum de partenariat Russie-Afrique, au Grand Palais du Kremlin, à Moscou…

À cette rencontre de haut niveau, le Chef de l’État malien a défendu une vision de la coopération internationale dans laquelle les États africains doivent pouvoir définir librement leurs priorités, préserver leur souveraineté et nouer des partenariats équilibrés, sans ingérence dans leurs affaires intérieures. Un message qui place la réciprocité, le respect des choix nationaux et les retombées concrètes pour les populations au centre des relations entre Moscou et les capitales africaines.
Russie-Afrique : bâtir une coopération durable et mutuellement avantageuse

Dans un contexte international marqué par l’évolution des équilibres géopolitiques et l’affirmation d’un monde multipolaire, le sommet de Moscou constitue un cadre de dialogue entre la Russie et les pays africains sur les perspectives de leur coopération politique, économique et stratégique.
Après avoir salué l’accueil réservé aux délégations et l’organisation de la rencontre par le Président russe, Vladimir Poutine, le Général d’Armée Assimi Goïta a insisté sur la nécessité de faire de l’Afrique un acteur à part entière de la gouvernance mondiale.
Pour le Mali, le partenariat entre la Russie et l’Afrique doit dépasser les simples échanges diplomatiques pour favoriser des investissements productifs, le transfert de technologies, la formation des ressources humaines et la valorisation des richesses du continent. L’ambition est de construire des relations dans lesquelles chaque partenaire contribue aux objectifs communs et bénéficie des résultats de la coopération.
Cette approche ouvre des perspectives dans plusieurs domaines, notamment les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrialisation, les mines, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
La souveraineté africaine au cœur des partenariats

Au-delà des relations bilatérales, l’intervention du Président malien a mis en avant un principe central : le développement de l’Afrique doit reposer sur la capacité des États à déterminer eux-mêmes leurs orientations économiques, politiques et stratégiques.
Cette vision s’inscrit dans la dynamique de refondation engagée au Mali, à travers la vision nationale « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », qui accorde une place importante à la bonne gouvernance, à la souveraineté énergétique, à la transformation locale des ressources et au développement du capital humain.
Pour Bamako, la coopération avec la Russie représente notamment une opportunité de renforcer les capacités nationales, de diversifier les partenariats et de soutenir des projets répondant aux priorités du pays.
L’enjeu consiste ainsi à faire de la souveraineté un levier de développement, en favorisant la création de valeur sur le continent, l’acquisition de compétences techniques et la réduction progressive des dépendances dans les secteurs stratégiques.
Mali-Russie : des secteurs stratégiques à fort potentiel
Le partenariat entre Bamako et Moscou occupe une place importante dans cette orientation. Le Général d’Armée Assimi Goïta a évoqué les avancées et les perspectives de la coopération bilatérale dans les domaines de la défense et de la sécurité, de l’énergie, des mines, de la sécurité alimentaire et de la formation.
Le projet de centrale solaire de Sanankoroba, les perspectives industrielles ainsi que le développement des échanges universitaires et techniques illustrent les secteurs dans lesquels les deux pays entendent approfondir leur collaboration.
Au-delà des accords, la priorité affichée par les autorités maliennes est de favoriser des retombées durables : transfert de savoir-faire, formation de cadres nationaux, transformation des matières premières et création d’emplois. Une telle orientation pourrait contribuer à renforcer les capacités productives du Mali et à élargir les possibilités de coopération avec d’autres partenaires africains.
La réussite de cette dynamique dépendra toutefois de la concrétisation des projets annoncés, de la mobilisation des financements nécessaires et de la mise en œuvre d’engagements répondant aux besoins des populations.
L’AES, un cadre de coopération régionale
Le Chef de l’État a également souligné l’importance de la Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger autour de trois piliers : la Défense et la Sécurité, la Diplomatie et le Développement.
Cette dynamique régionale vise à renforcer la coordination entre les trois pays et à favoriser des réponses communes aux défis sécuritaires, économiques et sociaux. Elle met également en évidence la nécessité de promouvoir des partenariats internationaux capables d’accompagner les priorités de développement du Sahel.
Dans cette perspective, la coopération entre la Russie et les pays africains peut constituer un espace de dialogue et d’opportunités, à condition que les projets développés contribuent effectivement au renforcement des capacités locales, à la stabilité et à l’amélioration des conditions de vie.
Le Président malien a par ailleurs plaidé pour le renforcement de mécanismes financiers indépendants, la promotion d’une défense africaine souveraine et l’accélération de la transformation locale des ressources stratégiques. Il a aussi rappelé l’importance de préserver les droits humains de toute instrumentalisation politique.
Des engagements aux résultats concrets pour les populations

Le troisième Sommet du Forum de partenariat Russie-Afrique offre une nouvelle occasion d’approfondir les échanges entre Moscou et les États africains et d’explorer des perspectives de coopération à long terme.
Pour que ce rapprochement produise pleinement ses effets, les discussions doivent se traduire par des projets concrets dans les secteurs essentiels : accès à l’énergie, modernisation des infrastructures, développement agricole, industrialisation, formation et transfert de technologies.
Pour le Mali, l’objectif est de consolider un partenariat avec la Russie qui respecte ses choix souverains et contribue à ses ambitions de transformation économique et sociale. À l’échelle du continent, l’enjeu est également de promouvoir une coopération qui valorise les ressources africaines, soutienne les initiatives locales et favorise une meilleure participation des pays africains aux échanges internationaux.
En définitive, la coopération Russie-Afrique entend s’inscrire dans une logique de partenariat gagnant-gagnant, où le dialogue politique accompagne les investissements, où les intérêts de chaque partie sont pris en compte et où les engagements se traduisent par des résultats mesurables. Pour le Mali et ses partenaires, la consolidation de cette relation dépendra de leur capacité à transformer les ambitions communes en réalisations durables, au service du développement, de la stabilité et de la prospérité des peuples.
Mahfla COULIBALY
EchosMedias
