Face à la recrudescence des attaques terroristes, notamment celles du 25 avril 2026, la Confrérie Nationale des Dozos du Mali (CNDM) sort de l’ombre. Réunis à la Bourse du Travail de Bamako le 7 mai dernier, ces gardiens de la tradition demandent officiellement aux autorités de Transition d’être armés et déployés au front aux côtés des FAMa…



Le Mali traverse une zone de turbulences sécuritaires inquiétante. Alors que la menace s’étend désormais vers le Sud et l’Ouest du pays, une force ancestrale propose ses services à l’État : les Donsos. Ces chasseurs traditionnels, fins connaisseurs de la « brousse », ne veulent plus se contenter d’un rôle de spectateurs ou de protecteurs locaux informels.


«Une question de dignité nationale»

Lors d’une assemblée générale aux allures de mobilisation générale le 7 mai 2026, le Dr Adama Traoré, président d’honneur de la CNDM, n’a pas mâché ses mots. Revenant sur les évènements sanglants du 25 avril, il a évoqué une «humiliation» que la confrérie ne peut plus tolérer.

«Nous avons organisé cette rencontre pour lancer un appel solennel. Ce que le Mali a vécu a laissé des blessures. Chaque Malien a l’obligation de défendre son pays. Pour les Donsos, il est temps de monter au créneau et de se tenir sur les remparts», a-t-il déclaré avec force, entouré du président exécutif, Diawoye Traoré.
Une intégration officielle aux côtés des FAMa


L’objectif de la CNDM est clair : obtenir un mandat officiel. La confrérie sollicite une audience auprès du Chef de l’État, le Général Assimi Goïta, pour lui remettre un « document confidentiel » détaillant leur stratégie de soutien. Leurs revendications principales reposent sur deux piliers : « l’armement officiel des chasseurs par les autorités ; le déploiement coordonné avec les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) pour maximiser l’avantage tactique sur les terrains boisés et ruraux.Une dynamique régionale (AES)« .


Cet engagement dépasse les frontières maliennes. En s’inscrivant dans la logique de l’Alliance des États du Sahel (AES), les Dozos maliens collaborent déjà avec leurs homologues du Burkina Faso et de Côte d’Ivoire. L’idée est de créer un maillage sécuritaire populaire, à l’image des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) burkinabés, tout en prônant les valeurs de cohésion sociale et de réconciliation nationale propres à leur code d’honneur ancestral.


Un pari audacieux


Si cette initiative suscite l’espoir chez de nombreux citoyens qui voient en eux des patriotes dévoués, elle pose également des questions cruciales. Pour les analystes, le défi majeur réside dans l’encadrement de cette collaboration. Comment intégrer ces forces traditionnelles sans créer de désordre ou de conflits de commandement avec l’armée régulière ?


Pour le Dr Adama Traoré, l’heure n’est plus aux doutes mais à l’action : «Ce ne sera pas le repos, ce sera une grande bataille, et c’est le Mali qui sera gagnant.» La balle est désormais dans le camp des autorités de Koulouba.


Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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