Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, prend part au 3ᵉ Sommet du Forum de partenariat Russie-Afrique, prévu les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou. Cette rencontre constitue une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre Bamako et Moscou, avec des enjeux majeurs dans les domaines de l’énergie, des mines, de l’agriculture, des transports, de l’industrie et de la formation…

Le Mali entend donner un nouvel élan à son partenariat stratégique avec la Fédération de Russie. Le Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’armée Assimi Goïta, effectue un déplacement à Moscou du 25 au 30 octobre 2026, à l’invitation de son homologue russe, Vladimir Poutine, pour participer au 3ᵉ Sommet du Forum de partenariat Russie-Afrique.

Selon le dossier de presse de la Présidence de la République, cette rencontre intervient un peu plus d’un an après la visite officielle du Chef de l’État malien en Russie, en juin 2025. Elle vise notamment à évaluer les engagements pris depuis le sommet de Saint-Pétersbourg, organisé les 27 et 28 juillet 2023, et à définir de nouvelles perspectives de coopération entre la Russie et les pays africains.

Pour Bamako, l’objectif est double : consolider les acquis du partenariat avec Moscou et accélérer la mise en œuvre des projets structurants dans plusieurs secteurs prioritaires. L’énergie, les mines, l’agriculture, les transports, l’industrie, l’enseignement supérieur, la santé et la culture figurent parmi les domaines concernés.

Une coopération appelée à produire des résultats concrets

Depuis plusieurs années, les relations entre le Mali et la Russie se sont intensifiées à travers des échanges politiques de haut niveau, la signature d’accords de coopération et la mise en place de mécanismes de suivi.

La visite du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, à Bamako, les 6 et 7 février 2023, a contribué à renforcer le dialogue diplomatique. Cette dynamique s’est poursuivie lors du sommet de Saint-Pétersbourg, en juillet de la même année, avant de connaître une nouvelle impulsion avec la visite du vice-Premier ministre russe Alexandre Novak à Bamako, en novembre 2024.

Un tournant important a été enregistré en juin 2025, lors de la visite officielle du Général d’armée Assimi Goïta à Moscou. À cette occasion, plusieurs accords stratégiques ont été signés, notamment dans les domaines de l’énergie, des mines et de l’industrie. Les deux pays ont également convenu de créer une Commission intergouvernementale chargée du suivi de leur coopération commerciale, économique, scientifique et technique.

Cette commission a tenu sa première session à Bamako le 29 juillet 2025, puis une deuxième session à Kazan, le 16 mai 2026. Ces rencontres ont permis de faire le point sur les décisions prises, d’identifier les difficultés rencontrées et de définir de nouvelles priorités.

À Moscou, le Mali entend ainsi passer à une nouvelle phase, en privilégiant la concrétisation des engagements et l’accélération des projets susceptibles de soutenir sa croissance économique et de renforcer sa souveraineté.

Défense, formation et échanges économiques au cœur des relations

La coopération entre Bamako et Moscou s’étend également aux domaines de la défense et de la sécurité. D’après le dossier de presse, elle porte notamment sur la formation du personnel, les équipements, les vecteurs aériens et le renseignement.

Dans le secteur de l’enseignement supérieur, la coopération russe constitue un autre axe important. Depuis 2023, la Russie a accordé 290 bourses d’études à des étudiants maliens, de la licence au doctorat. Pour l’année universitaire 2026-2027, le nombre annoncé s’élève à 300 bourses.

L’accord relatif à la reconnaissance mutuelle des diplômes devrait également favoriser la mobilité académique et contribuer au renforcement des compétences nationales. La perspective de l’ouverture d’un centre culturel russe au Mali figure, par ailleurs, parmi les projets évoqués.

Sur le plan humanitaire et commercial, la coopération s’est traduite par plusieurs livraisons de produits essentiels. En octobre 2024, la Russie a notamment fait don, par l’intermédiaire du Programme alimentaire mondial (PAM), d’huile de tournesol enrichie en vitamines A et D, d’une valeur de deux millions de dollars.

Le dossier de presse fait également état de livraisons antérieures de 50 000 tonnes de blé, de 30 000 tonnes d’urée et de 17 000 tonnes d’hydrocarbures. Une nouvelle livraison de 49 000 tonnes de blé et de 770 tonnes de pois cassés est annoncée comme étant en cours d’acheminement.

Ces échanges illustrent la volonté des deux pays de diversifier leur coopération au-delà des questions politiques et sécuritaires.

Moscou, un rendez-vous dans un contexte géopolitique en mutation

Le sommet de Moscou se tient dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, des incertitudes économiques et des préoccupations croissantes concernant la sécurité alimentaire et énergétique.

Pour les pays africains, cette rencontre représente une occasion de renforcer leur dialogue avec la Russie et de diversifier leurs partenariats extérieurs. Le dossier de presse souligne également la consolidation des institutions de la Confédération des États du Sahel (AES) et la volonté des pays membres de développer leurs coopérations dans les domaines de la sécurité, de l’économie et des infrastructures.

Dans ce contexte, la participation du Mali s’inscrit dans une démarche de diversification des partenariats et de recherche de nouvelles opportunités de développement.

En marge des travaux du sommet, le Général d’armée Assimi Goïta devrait rencontrer la communauté malienne résidant en Fédération de Russie. Des échanges bilatéraux avec les autorités russes ainsi qu’avec d’autres partenaires sont également prévus.

Des attentes précises pour le Mali

À travers sa participation au sommet, Bamako entend dresser un bilan global de la coopération engagée depuis 2023, maintenir un dialogue régulier au plus haut niveau et attirer davantage d’investissements dans les secteurs stratégiques de l’économie.

Les autorités maliennes souhaitent notamment accélérer les projets dans l’énergie, les mines, l’industrie, les transports et l’agriculture, tout en contribuant aux discussions internationales sur les grandes questions qui concernent le continent africain.

Le sommet devrait s’achever par l’adoption de deux déclarations et d’un plan d’action destinés à encadrer la coopération entre la Russie et les pays africains jusqu’à la prochaine rencontre.

Pour le Mali, l’enjeu sera donc de transformer les engagements politiques et diplomatiques en réalisations concrètes, capables de soutenir le développement économique, de renforcer les capacités nationales et de répondre aux priorités de souveraineté du pays.

Bakary Mamadou COULIBALY

EchosMedias

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