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A quelques jours de ses trois ans comme Premier ministre et sentant son éventuel limogeage, Dr Choguel Kokalla Maïga ne lésine pas sur les stratégies pour mettre la pression sur ses employeurs afin de rester à son poste. La dernière, en date, virale sur les réseaux sociaux est la diffusion d’un document critiquant sévèrement la gestion du pouvoir de la transition. Un document signé par le Président intérimaire de la tendance M5-RFP acquise à sa cause, un signataire qui s’est retrouvé en prison rejoignant ainsi un de ses « chiens enragés »…


Manipulateur hors pair, ambitieux à l’extrême, insatiable, l’actuel Premier ministre a toujours adopté une posture victimaire qu’il croit être une bonne stratégie politique. Pour mener à bien, il a toujours aimé s’entourer de personnes facilement manipulables. Dans ce lot, on retrouve des acteurs politiques, des journalistes, des videomen, des facebookmen, etc.
Ainsi, il se cache derrière ces « chiens enragés » pour faire ses attaques. Sentant qu’il a été compris par la grande majorité des responsables du M5-RFP qui l’ont débarqué de la tête du comité stratégique du mouvement, le président de l’agonissant Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) a, depuis, lâché sur la scène médiatique ses « chiens enragés » pour malmener tous ceux qu’il considère comme adversaires et récemment les colonels et leurs soutiens. L’une des plus virulentes critiques avait été celle d’Abdel Kader Maïga, qui n’a pas hésité, lors d’un point de presse, à accuser ouvertement deux colonels d’être à la base de la « déstabilisation  » du M5-RFP : Colonels Malick Diaw et Abdoulaye Maïga respectivement Président du Conseil national de transition et seul Ministre d’État du gouvernement.

Décentralisation au Mali, un bilan mitigé
En plus de ces accusations graves, l’arrogant conseiller à la Primature s’est attaqué à Me Mountaga Tall en le qualifiant de quelqu’un qui a bénéficié de largesses de feu Général Moussa Traoré dans son ascension professionnelle.  Suite à ces graves accusations, il a été arrêté, jugé et condamné à deux ans de prison dont un avec sursis. Il médite actuellement sur son sort à la prison de Koulikoro.
Comme si cela ne suffisait pas à assouvir son ambition démesurée pour le pouvoir, Choguel, sentant dans les coulisses son éventuel limogeage, mit en sellette son factotum qui n’est autre que le vieux Boubacar Karamoko Traoré, président intérimaire du M5-RFP (tendance Choguel) en le faisant signer un mémorandum virulent (publié vendredi, 24 mai 2024)  contre les colonels au pouvoir.  Le vieux Traoré regrettera sûrement d’avoir trahi ses camarades de la plateforme EMK (Ensemble pour un Mali Koura) et d’être le signataire de ce document, car il s’est retrouvé en prison, le lundi 27 mai 2024,  pour atteinte au crédit de ‘État, Outrage à magistrats, et troubles à l’ordre public.
Que dit le mémorandum de la tendance M5-RFP Choguel ?
Le document est une véritable diatribe contre les colonels au pouvoir. A l’introduction du document, le M5-RFP tendance Choguel se félicite des résultats tangibles obtenus sous le leadership du Président de la transition. Cependant, le document indique que depuis la formation du second gouvernement opéré le 1er juillet 2023, le pacte d’honneur entre leur tendance et les colonels a été rompu. Tout d’abord, il souligne « le limogeage et le remplacement de presque tous les ministres du M5-RFP, sans consultation ni proposition de Dr Choguel K. MAIGA, en sa double qualité de Premier ministre et de Président du M5-RFP ». Le document va plus loin en soulignant que plusieurs questions majeures de la gestion gouvernementale ont été traitées sans y associer le Chef du gouvernement, notamment la finalisation de la réorganisation territoriale, la gestion de la crise énergétique, l’organisation de la campagne référendaire et du « meeting de la honte » du 8 juin 2023, le report des élections, etc.
Il en est de même de ce qui concerne les discussions sur l’Alliance des Etats du Sahel (AES), des négociations sur certains dossiers à caractère économique et financier avec des partenaires stratégiques, ainsi qu’avec des partenaires techniques et financiers du Mali.
Ensuite, le mémorandum qui dit fustiger « certaines pratiques de l’ancien système qui jurent avec les intérêts supérieurs du Peuple malien, refont surface à travers des arrestations et détentions extrajudiciaires notamment de membres du M5-RFP, le retour progressif et l’infiltration rampante de ceux qui avaient observé une position ‘’neutre’’ et de ceux qui avaient combattu ouvertement l’avènement du renouveau et s’adonnent à un sabotage et à une déstructuration, depuis l’intérieur, du processus de Refondation, dans le but de remettre en cause l’esprit et les acquis du changement ».
Et puis, par rapport au dialogue inter-malien (DIM),  le document indique que « la déclinaison de certaines recommandations tendancieuses ‘’phares’’ du DIM ont heurté l’opinion, en ce qu’elles s’écartent des objectifs visés et qu’elles tombent dans le piège des pourfendeurs de cette initiative. Il s’agit notamment de la prorogation de la durée de la Transition de 5 ans, de l’élévation de six (6) colonels aux grades de généraux, et de la négociation avec les chefs des groupes terroristes ». Face à ce mémorandum, la tendance M5-RFP de l’imam Oumarou Diarra comprenant Me Mountaga Tall, Jeamille Bittar, Tiemoko Maïga, etc. a aussitôt réagi.
 » Choguel en rupture avec toutes les règles du Dambé (dignité, honneur) »
Ce sont les termes utilisés par la tendance M5-RFP Imam Oumaou Diarra dès l’entame de sa déclaration en date du 24 mai 2024 rendue publique. Signée par Tiémoko Mahamane Maïga, ancien PDG de la SOTELMA (Société des Télécommunications du Mali), patron et ancien logeur de Dr Choguel Kokalla Maïga, la déclaration souligne que « le M5-RFP interdit désormais à CKM, demis de ses fonctions de président du Mouvement depuis le 5 mars dernier, de s’exprimer, directement ou indirectement en son nom, notamment par le biais de son factotum, Bouba K. Traoré qui représente à peine lui-même ». Elle estime que Choguel Kokalla Maïga continue de se cacher derrière sa bande constituée essentiellement de membres de son Cabinet pour s’exprimer au nom du Mouvement. Le M5-RFP tendance Imam Oumaou Diarra souligné que Choguel ne devrait pas cracher dans la soupe qu’il continue de savourer, ni brûler ce qu’il avait adoré. Et de s’étonner « Comment Choguel Kokalla Maïga peut-il se plaindre de sa mise à l’écart de la gestion des grands dossiers de l’Etat tout en revendiquant d’ailleurs les bons résultats engrangés par la Transition ? Ne s’était-il pas accommodé de ce qu’il dénonce aujourd’hui ? Qu’est-ce qui a changé ? Que craint-il ? Pourquoi veut-il mettre dos à dos le M5-RFP et ses partenaires militaires ? » En somme, les auteurs de la déclaration demandent d’avoir la dignité d’assumer tout ce qui a pu se faire pendant la gestion de la transition.
Rencontre avec son parti pour s’expliquer et faire encore allégeance aux colonels
Le week-end dernier, le rusé Choguel fait organiser une rencontre avec son parti, le MPR, afin de lui donner une occasion de s’exprimer sur l’affaire du mémorandum signé par son homme de paille. A noter que le MPR n’est, à ce jour, qu’un parti agonisant. N’empêche, le Premier ministre met à profit cette audience pour répondre aux inquiétudes de ses hôtes qui lui ont posé des questions que lui-même, à travers ses services, aurait préparées pour eux. En réponse à ces questions, l’ancien président du comité stratégique du M5-RFP, d’après la tendance Imam Oumarou Diarra, s’est montré confiant. Il a affirmé qu’il n’y a aucun problème entre lui et le Chef de l’Etat et que leurs relations sont au beau fixe.
Quant au cas de Boubacar Karamoko Traoré, il dit qu’il faut laisser la justice faire son travail et qu’il ne se subsistera pas à la justice, car nul n’est et ne sera au-dessus de la loi. Par ailleurs, il a invité les responsables du MPR à soutenir les colonels et à ne pas les vilipender. Cette attitude est assimilable, à n’en pas douter, à une présentation d’excuses de Choguel aux colonels et un démarquage de sa responsabilité par rapport au mémorandum. Quelle attitude !
Au regard de cette attitude, on peut sans aucun risque de se tromper que Choguel tient à son poste de Premier ministre au risque de perdre ses camarades et proches collaborateurs qui se trouvent en eaux troubles. Telle est une des faces principales de la stratégie politique du président du MPR.  L’honneur et la dignité lui recommandent de quitter son poste de Premier ministre et qu’il comprenne que nul n’est indispensable. Et qu’il se rappelle que le Mali regorge de beaucoup de cadres politiques et de technocrates valeureux et très valeureux respectueux des valeurs de dignité et d’honneur ancrées dans notre société.
A.Diallo
Source : Le Nouveau Réveil

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