
Au Mali, une situation est devenue presque habituelle. Lorsqu’un prix augmente, il ne redescend plus à son niveau précédent. Même si les raisons ayant servies de justification à la hausse deviennent caduques. Le secteur du transport en est une parfaite illustration…
Il y a quelques mois, les tarifs ont bondi sur plusieurs axes, à l’intérieur du pays mais aussi vers l’extérieur. Cette hausse s’expliquait par les difficultés d’approvisionnement en hydrocarbures et la flambée des prix du carburant.
A l’époque, les usagers ont fait preuve d’une large compréhension malgré le contexte assez difficile.
Mais aujourd’hui, la situation évolue. Le carburant est de nouveau disponible dans la plupart des stations-service et l’approvisionnement du pays s’est nettement amélioré.
Lors de la 31ᵉ réunion de suivi de l’approvisionnement en hydrocarbures, tenue le 20 août à Bamako, les autorités ont indiqué que près de 1 400 citernes, soit environ 66,5 millions de litres, avaient été réceptionnées entre le 3 et le 16 août. L’approvisionnement des régions est globalement assuré, à l’exception de Bandiagara, où une rupture de gasoil fait l’objet d’un suivi.
Ces chiffres montrent que la crise d’approvisionnement s’est considérablement atténuée. Dès lors, une question simple se pose : qu’est-ce qui justifie aujourd’hui le maintien des tarifs élevés du transport ?
Il ne s’agit pas de nier les difficultés rencontrées par les transporteurs ni de contester la nécessité de préserver leur activité. Mais lorsque le coût d’un facteur essentiel baisse ou se stabilise, il est normal que cette évolution puisse, à terme, profiter également aux consommateurs.
Les efforts consentis par les plus hautes autorités pour assurer l’approvisionnement en carburant sont à saluer. Mais ces efforts doivent se traduire concrètement dans la vie quotidienne des Maliens.
Le ministère des Transports est donc interpellé. Les usagers ont besoin d’explications claires sur les tarifs actuellement pratiqués et sur les raisons de leur maintien, malgré l’amélioration de l’approvisionnement en carburant.
Une baisse des prix n’est peut-être pas immédiate, mais elle doit au moins être envisagée lorsque les circonstances ayant provoqué leur hausse ne sont plus les mêmes.
La solidarité doit fonctionner dans les deux sens : si la population accepte les hausses pendant les périodes difficiles, elle est en droit d’attendre un réajustement lorsque la situation s’améliore.
Teno Bouba
Source : Malijet.com
