Hier vendredi 15 mai 2026, au Centre OASIS du Point G, dix (10) survivantes de la fistule obstétricale ont participé à un atelier d’éloquence inédit. Objectif : transformer ces femmes marginalisées en leaders de la sensibilisation communautaire…


Derrière les murs du Centre OASIS, au sommet de la colline du Point G, dix (10) femmes entament un voyage vers la résilience. Marginalisées par la maladie, souvent rejetées par leurs proches, elles réapprennent à reconquérir leur place dans la société.


L’ONG nationale ORFED et le Vivier d’Expertise Féminin y ont lancé une formation de renforcement des capacités de cinq jours. Cette initiative cruciale s’inscrit dans le cadre du programme « Promouvoir une Paix Durable au Mali » (PPDM), financé par l’ONG allemande EIRENE.


L’éloquence comme thérapie de reconstruction


La fistule obstétricale n’est pas qu’un traumatisme corporel. Elle engendre une profonde détresse sociale, nourrie par l’ignorance populaire. Pour briser ce fléau, les organisateurs misent sur une approche novatrice : l’autonomisation par la parole. Durant cinq jours, les participantes reçoivent une formation technique pour structurer leur discours et exprimer leur vécu avec assurance.

«Nous sommes là pour former ces dames à l’expression, pour qu’elles acquièrent des techniques leur permettant de parler de leur maladie de façon plus structurée», a expliqué Souleymane Koné, agent à l’ONG ORFED.

Selon lui, au-delà de l’apprentissage, la démarche se veut thérapeutique. Il s’agit de rebâtir une estime de soi brisée par des années d’isolement et de honte.
«Cela nous permet d’oublier nos soucis, de reprendre confiance en nous et de découvrir de nouvelles opportunités d’insertion sociale», a confié avec gratitude Awa Koné, l’une des bénéficiaires.

Pour elle, rompre l’isolement est un facteur vital de guérison : « L’isolement aggrave la maladie par le stress qu’il génère. Discuter nous aide à nous évader.»

De victimes à leaders communautaires

Le cœur de cette intervention repose sur un concept fort : la pédagogie de la transformation de la paix. L’ambition va bien au-delà d’un simple soutien psychologique temporaire. Le séminaire vise à métamorphoser ces femmes vulnérables en leaders d’opinion.

«Nous voulons qu’à la fin de ces sessions, ces dames deviennent des artisanes de la paix et des flambeaux capables de sensibiliser l’opinion publique», ambitionne Souleymane Koné.

Une fois l’atelier terminé, les dix bénéficiaires auront pour mission de restituer leurs acquis sur le terrain à travers des campagnes de sensibilisation de proximité.

Pour le Vivier d’Expertise Féminin, représenté par Assétou Founé Samaké, cette session capitalise sur les leçons des campagnes précédentes pour maximiser l’impact du plaidoyer auprès des citoyens et des autorités.

En plus de cet accompagnement moral, l’organisation soutient ces femmes matériellement par des dons de vivres lors du 8 mars et des fêtes traditionnelles.

Pas de paix durable sans inclusion sociale
Pour les porteurs du projet, la réintégration de ces femmes est une condition essentielle à la stabilité du pays. «Qui parle d’inclusion sociale parle de paix et de prise en compte des besoins de chacun», rappelle M. Koné.

En insérant ces femmes et en éduquant les dirigeants, le programme PPDM consolide le tissu social malien, directement affecté par les crises.

Il est à noter que cette action fait écho à l’engagement global de l’ONG ORFED au Mali, basée à Bollé. Active en milieu rural, elle déploie ses actions sur plusieurs axes majeurs : L’autonomisation économique : soutien aux femmes et aux jeunes via des activités génératrices de revenus ; La restauration environnementale : réhabilitation des sites détruits par l’orpaillage artisanal pour relancer l’agriculture ; Le rôle des médias : formation des acteurs de la communication pour en faire des vecteurs de paix.


En célébrant la pluralité culturelle et sociale du Mali, l’ONG et ses partenaires prouvent qu’aucune frange de la population ne doit être laissée pour compte sur le chemin du développement.


Aissetou CISSÉ

EchosMedias

Previous post Trump quitte la Chine en revendiquant des accords commerciaux « fantastiques »
Next post Enseignement supérieur : Le SNESUP lève son mot d’ordre de grève par «esprit de responsabilité nationale»