Face à la résurgence des débats publics autour de l’excision, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) du Mali sort de son silence. Dans un communiqué officiel rendu public ce mercredi 26 août 2026, l’organe fondateur de la protection des libertés fondamentales au Mali demande explicitement aux autorités de transition l’adoption d’un texte législatif interdisant formellement et spécifiquement les Mutilations Génitales Féminines (MGF) sur l’ensemble du territoire…


UN ARSENAL JURIDIQUE NATIONAL ET INTERNATIONAL POUR SOLDER L’IMPUNITÉ


Pour appuyer son plaidoyer, la CNDH érige un argumentaire juridique intransigeant. L’institution rappelle que l’intégrité physique et psychique des femmes et des filles est un droit inaliénable garanti par la Constitution malienne du 22 juillet 2023. Elle aligne également sa position sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/ONU de 1979) et le Protocole de Maputo (2003) relatif aux droits des femmes en Afrique.

Pour le président de la CNDH, la pratique de l’excision ne peut plus s’abriter sous le couvert de la tradition : elle constitue une atteinte grave à la dignité humaine et un frein au développement social.

LOI CONTRAIGNANTE ET ÉDUCATION : L’ÉQUATION INDISSOCIABLE

Si la pénalisation est au cœur des revendications, la Commission souligne qu’elle ne saurait agir seule sans un changement profond des mentalités. Sanctionner pour protéger, la promulgation d’une loi spécifique vise à mettre fin au vide juridique perçu et à dissuader les praticiens et complices.

Sensibiliser pour transformer, la CNDH appelle les pouvoirs publics, les leaders communautaires et les organisations de la société civile à décupler les campagnes d’information pour déconstruire les tabous socioculturels.

Un appel à la responsabilité collective

En conclusion de sa déclaration, l’institution lance un avertissement solennel contre la banalisation des violences faites aux femmes. La protection des droits humains fondamentaux est un bouclier collectif : tolérer la violation des droits des jeunes filles fragilise l’état de droit pour l’ensemble de la société malienne.

Rédaction EchosMedias

Previous post Monnaie et croissance : où se situe le vrai débat ?
Next post Cyberespace : «Internet n’est pas un espace hors-la-loi», rappelle le procureur Adama Coulibaly