Le mardi 6 octobre 2026, la Commission de veille sur l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) a appelé à une mobilisation collective contre le dragage illégal au Mali. Réunis au siège du CINSERE-ANR, à Bamako, les professionnels des médias ont été sensibilisés aux conséquences environnementales, sanitaires, économiques et sécuritaires de cette pratique, ainsi qu’à leur rôle dans l’information et la prévention…


Organisée dans le cadre des actions de lutte contre le dragage, cette journée d’information et de sensibilisation visait à renforcer les connaissances des journalistes sur la réglementation minière et les dangers liés à l’utilisation des dragues dans les cours d’eau.

Les échanges ont notamment porté sur le Code minier de 2023, en particulier son article 62, alinéa 2, qui interdit cette pratique.

À l’ouverture des travaux, Aly N’Dji Diarra, chargé de mission au Commissariat chargé des Activités minières (CCAM) et président de la commission concernée, a souhaité la bienvenue aux participants. Il a rappelé l’importance des professionnels des médias dans la diffusion d’informations fiables et vérifiées, mais aussi dans la sensibilisation des populations aux enjeux liés à l’exploitation minière artisanale.

Pour Ibrahima Berthé, membre de la Commission de veille et représentant du ministère de la Justice, le dragage constitue une menace pour les cours d’eau et les ressources naturelles. Selon lui, malgré l’existence de textes réglementaires, le principal défi reste leur application effective sur le terrain.

Il a ainsi plaidé pour une mobilisation concertée des pouvoirs publics, des services techniques, des forces de sécurité, des collectivités territoriales, des populations riveraines et des médias. L’objectif est de renforcer les contrôles, de prévenir les infractions et de favoriser le respect de la réglementation.

Les interventions ont mis en lumière les multiples conséquences du dragage illégal. La dégradation des cours d’eau, la destruction des habitats naturels et la perturbation des écosystèmes aquatiques peuvent affecter la pêche, l’élevage et d’autres activités économiques dépendantes des ressources en eau.

À ces risques environnementaux s’ajoutent des dangers sanitaires et sécuritaires pour les travailleurs et les populations riveraines. L’utilisation de certains équipements et produits, l’installation de campements précaires et les conflits autour de l’accès aux ressources peuvent également aggraver les difficultés dans les zones d’exploitation.

M. Berthé a rappelé le rôle des juridictions dans le traitement des infractions environnementales. Lorsqu’une infraction est constatée, le matériel peut être saisi et les dossiers transmis aux autorités judiciaires compétentes, qui engagent les procédures appropriées selon les faits établis.

De son côté, l’Officier de Police Judiciaire, le Colonel Sidiki Togo, conseiller technique au ministère de la Sécurité et de la Protection civile, a souligné que la réponse au phénomène ne saurait se limiter à la répression. La prévention, l’information et la sensibilisation demeurent indispensables pour protéger les populations et préserver les ressources naturelles.

Le représentant du ministère en charge de l’Eau, M. Karim Sidibé en service à la Direction Nationale de l’Hydraulique (DNH), s’est prononcé sur la police de l’eau, appelée à jouer pleinement son rôle. Selon lui, la gestion durable des ressources hydriques a occupé une place importante dans les échanges. La police de l’eau apparaît comme un dispositif essentiel pour veiller au respect des règles, prévenir les infractions et contribuer à la protection des écosystèmes aquatiques.

En effet, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les services techniques, la Police nationale, la Gendarmerie nationale et la Justice. Une meilleure articulation entre les contrôles administratifs et les procédures judiciaires permettrait d’améliorer l’efficacité des interventions sur le terrain.

Pour sa part, le représentant du ministère de la Santé, M. Moussa Ag Hama, de la Direction nationale de la Santé et de l’Hygiène Publique (DNSP) a souligné que la question de la gestion des produits chimiques a également été abordée au cours des échanges, notamment sous l’angle de la protection de la santé publique et de l’environnement.

Les discussions ont mis en évidence la nécessité de renforcer la collaboration entre les services concernés, d’améliorer le suivi des produits utilisés et de mieux exploiter les résultats des prélèvements et des analyses.

La mise en place d’un centre antipoison a notamment été évoquée comme une perspective pour améliorer la surveillance des intoxications et la prise en charge des personnes exposées à des substances dangereuses. Cette démarche nécessite une coordination renforcée entre les différents départements afin de mieux prévenir les risques sanitaires liés aux activités minières.

Au terme des échanges, les participants ont convergé vers un constat : la lutte contre le dragage illégal exige une réponse collective, cohérente et durable. L’application effective des textes, le renforcement des contrôles, la prévention et la coopération entre les différents acteurs constituent des leviers essentiels pour enrayer le phénomène.

Dans cette dynamique, les médias sont appelés à jouer pleinement leur rôle en vulgarisant les textes réglementaires, en informant les populations et en contribuant à l’alerte des autorités compétentes.

Au-delà de la sensibilisation des journalistes, l’enjeu est de favoriser une prise de conscience collective afin de préserver les cours d’eau, de protéger les communautés riveraines et de garantir une exploitation responsable des ressources naturelles au Mali.
Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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