Bamako accueillera, du 20 au 23 octobre 2026, la 9ᵉ édition de la Semaine de la Microfinance du Mali. Organisé par l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Mali (APSFD-Mali), ce rendez-vous entend renforcer l’accès aux services financiers, notamment pour les femmes, les jeunes, les acteurs du monde rural et les petites entreprises…

L’information a été donnée à la faveur d’une conférence de presse animée par l’APSFD-Mali, le mardi 13 octobre 2026, à la Maison de la Presse.

La microfinance sera au cœur des échanges au Centre International de Conférences de Bamako (CICB), du mardi 20 au vendredi 23 octobre 2026. Placée sous le haut parrainage du général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition et chef de l’État, cette 9ᵉ édition de la Semaine de la Microfinance du Mali se tiendra autour du thème : «La microfinance, levier de l’inclusion financière au service de toute la population malienne».

À travers cette initiative, l’APSFD-Mali entend mettre en lumière le rôle des systèmes financiers décentralisés (SFD) dans l’accès aux services financiers pour les populations encore éloignées du système bancaire classique.

Caisses, mutuelles, coopératives d’épargne et de crédit et institutions de microfinance constituent, en effet, des relais de proximité essentiels, particulièrement dans les zones rurales, auprès des femmes, des jeunes, des exploitants agricoles et des acteurs du secteur informel.

Pour Tidiani Amadou Tall, président de l’APSFD-Mali, le choix du thème répond à une volonté d’élargir l’accès aux services financiers. Il s’agit, selon lui, de mieux faire connaître les activités des institutions de microfinance afin que le plus grand nombre de Maliens puisse bénéficier des possibilités de financement disponibles.

Le programme prévoit une cérémonie officielle d’ouverture le mardi 20 octobre à partir de 10 heures, suivie d’une visite des stands. Les mercredi 21 et jeudi 22 octobre seront consacrés à quatre panels portant sur les principaux défis du secteur.
Les discussions aborderont notamment la gouvernance et la solidité financière des SFD, le financement de l’agriculture, des petites et moyennes entreprises ainsi que du secteur informel. La continuité des activités dans un contexte marqué par l’insécurité et les difficultés économiques sera également examinée, de même que les perspectives offertes par la transformation digitale et l’intelligence artificielle.

Ces échanges devront permettre aux participants de partager leurs expériences, d’identifier des solutions adaptées aux réalités du terrain et de renforcer la capacité des institutions à maintenir leurs services, y compris dans les zones difficiles d’accès.

Madani Coumaré, coordinateur de la cellule technique de coordination du MEREF-SFD, voit dans cette rencontre un espace de partage de bonnes pratiques destiné à renforcer la résilience des institutions et à mobiliser les acteurs autour du défi de l’inclusion financière.
Le jeudi 22 octobre sera également marqué par la restitution des travaux, la présentation d’un magazine de synthèse et la remise de distinctions. Le vendredi 23 octobre sera, quant à lui, consacré aux stands, ouverts au public de 9 heures à 18 heures.

Toutefois, au-delà des échanges institutionnels, la Semaine de la Microfinance entend mettre en évidence la contribution des SFD au financement des activités génératrices de revenus. Dans les milieux ruraux notamment, ces structures peuvent offrir des solutions aux personnes qui rencontrent des difficultés pour accéder aux financements bancaires traditionnels.

Kafa Traoré, directeur général de Nyeta Musow Mopti, une institution spécialisée dans le crédit solidaire, souligne l’importance de la microfinance pour les personnes défavorisées et celles vivant dans des environnements difficiles. L’objectif est de leur donner la possibilité de concrétiser leurs projets et de développer leurs activités économiques grâce à des financements adaptés.
En effet, l’enjeu concerne également les petites entreprises, les commerçants, les producteurs agricoles et les entrepreneurs du secteur informel, dont les besoins de financement restent importants.

La modernisation du secteur figure parmi les priorités de cette édition. L’utilisation des outils numériques et de l’intelligence artificielle sera examinée sous l’angle de l’amélioration des services, de la réduction des coûts de transaction et de l’élargissement de l’accès au financement.
La gouvernance et le respect des règles prudentielles occuperont aussi une place importante dans les débats. Pour les organisateurs, le renforcement de la solidité des institutions constitue une condition essentielle au maintien de la confiance des déposants, des partenaires financiers et des autorités de régulation.

À l’issue des travaux, les participants devraient formuler des recommandations et définir des pistes d’action pour consolider le secteur. Une déclaration finale et une feuille de route sectorielle sont notamment attendues, avec des propositions en faveur de partenariats, de financements et d’une meilleure appropriation des outils digitaux.

Pour donner toute sa portée à cette initiative, les responsables du secteur invitent la population malienne, particulièrement celle de Bamako, à prendre part aux activités.

Les institutions de microfinance et leurs partenaires seront présents pendant les quatre jours afin de présenter leurs services et d’échanger directement avec le public. L’accès à la cérémonie d’ouverture, aux panels et aux stands est libre et gratuit, sans inscription préalable.

À travers cette 9ᵉ édition, l’APSFD-Mali ambitionne ainsi de faire de la microfinance un instrument plus accessible et plus durable de développement économique. Un défi qui consiste à rapprocher les services financiers des populations, tout en renforçant la capacité des institutions à répondre aux réalités économiques et sécuritaires du pays.
Aissetou CISSÉ

EchosMedias

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