L’hôtel Massaley de Bamako a abrité, ce lundi 12 octobre 2026, l’ouverture officielle de la réunion du Comité technique des experts de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV) à l’hôtel Massaley. Prévue jusqu’au 15 octobre, cette rencontre de haut niveau sert de session préparatoire à la 8ème session ordinaire du Conseil des ministres de l’organisation, qui se tiendra le vendredi 16 octobre dans la capitale malienne…

La cérémonie était présidée par le ministre malien en charge de l’Eau,  M.  Tiémoko Traoré. L’objectif de cette semaine de travaux est double : consolider la coopération transfrontalière et valider le plan de travail biennal 2027-2028 pour une gestion durable des ressources en eau face aux urgences climatiques.

Au cœur des échanges figure la situation financière préoccupante de l’organisation. Dans son allocution, le directeur exécutif de l’Autorité du Bassin de la Volta (ABV), Robert Yaovi Dessouassi, a tiré la sonnette d’alarme sur l’insuffisance et les retards de paiement des contributions des États membres.

Selon lui, cette crise budgétaire fragilise directement le fonctionnement de l’institution, entraînant des conséquences lourdes :
• Fuite des cerveaux : Le départ d’une dizaine d’agents clés a déjà été enregistré.
• Surcharge de travail : Une pression accrue pèse désormais sur le personnel restant.
• Gouvernance fragilisée : La pérennité globale des actions de l’autorité est menacée.

Malgré ces fortes contraintes, l’institution affiche un bilan technique positif dans la Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE). Les experts saluent plusieurs réalisations majeures au service des pays membres : la modernisation et le renforcement des services météorologiques et hydrologiques, la mise en place d’un système d’alerte précoce contre les inondations et les sécheresses, ainsi que le développement d’outils numériques d’aide à la décision.

Donnant le ton des discussions, le ministre malien en charge de l’Eau a préconisé une gestion concertée, solidaire et équitable des ressources. Il dira qu’en tant que pays hôte, le Mali a réaffirmé son engagement envers l’organisation.

Dans la même dynamique, Sékou Diarra, coordinateur de la Structure focale nationale de l’ABV et Directeur national de l’Hydraulique du Mali, a rappelé la feuille de route exigeante fixée aux techniciens pour garantir la transparence et la rigueur budgétaire.


Au-delà des aspects administratifs, l’enjeu reste vital : l’ABV coordonne un bassin transfrontalier partagé par six pays, dont les ressources soutiennent l’agriculture, l’élevage, la production d’énergie et la sécurité alimentaire de toute la sous-région.


En effet, les conclusions et motions de consensus issues de ces travaux seront soumises à l’approbation du Conseil des ministres le 16 octobre, avec pour ambition de dégager des financements pérennes au bénéfice des populations locales.
Aissetou CISSÉ

EchosMedias

Previous post Justice : Le conflit au sein de Tabital Pulaaku s’invite devant le Tribunal de la Commune IV de Bamako
Next post Tessit : violents affrontements entre l’EI au Sahel et le JNIM